La ville d'El Jebha dans le Nord du Maroc.
29/1/2011




Journée de repos dans la petite ville d'EL Jebha sur la côte méditerranéenne.
Ce sixième
jour de mon voyage à vélo dans le Nord du Maroc a été une Journée de repos,
alors j’ai voulu se reposer un peu et se réveiller un peu tard, mais
malheureusement mon « réveille » biologique était déjà programmé pour
6h comme les autres étapes.
Les autres personnes qui étaient avec moi dans la
chambre, ils y étaient quatre, sont déjà réveillés; deux
d'entre eux étaient en train de faire leurs prières du matin, les deux autres sont déjà descendus dans le café qui se trouvait
dans le rez-de-chaussée de l'hôtel pour prendre le petit-déjeuner. Moi aussi
après avoir fait mes ablutions et mes prières, je suis descendu dans le café et
j'ai demandé un verre de thé, car c'est la tradition ici il n'y a pas de la
théière « Brad » et j'ai demandé aussi une omelette avec de l'huile d'olive et
du pain bien sûr.
Après le
petit-déjeuner je suis monté dans ma chambre, j’ai lavé quelques vêtements et
j’ai nettoyé ma BMW avec une chiffonne.
Vers
10h je suis allé à la plage, il y avait eu peu de monde, ce n'est pas le cas
comme les autres plages de grandes villes du Maroc. Au
même temps (10h du matin) dans ces grandes villes de ce mois d'aout il y aurait eu beaucoup de monde; pas la moindre place pour mettre une serviette ou bien un
parasol. Ici toute la plage est à toi, tu pourrais t'asseoir tranquillement là
où tu voudrais. Il n'y avait ici ni « joueurs » de foot ni « joueurs » de
raquettes qui pouvaient de déranger. Dans l'eau tu pouvais nager
tranquillement, les yeux fermés si tu voulais, sans heurter quelqu'un. J'ai
bien nagé en faisant un peu de brasse et du papillon pour s'amuser pas plus,
car je ne suis pas un très bon nageur.
Vers
midi je suis allé dans le Souk pour prendre mon déjeuner, la plupart des restaurants
proposaient des sardines grillées, alors j’ai décidé de prendre une grille de
six sardines « chouaya » avec de la salade. Les sardines de la
Méditerrané sont très délicieuses, je pense quelles ont un goût très différent que leurs soeurs de l’Atlantique.
Après le déjeuner je suis monté dans la chambre,
j'étais tout seul, les autres occupants ne sont pas rentrés, alors j'ai fait un
peu de sieste tranquillement, pas la moindre
bruit.
Vers 15h, j’ai sorti de l’hôtel et je suis allé
près du port pour regarder les embarcations qui rentraient. Un pêcheur qui
était en train d’arranger avec un jeune garçon son Floqua (une petite
embarcation traditionnelle avec des rames) m’a vu sur le quai et il a su
d’après mon apparence et mon appareille à la main que j’étais un
« touriste » il m’a dit « est-ce que tu veux aller à l’autre
plage qui se trouve derrière cette
roche » j’ai dit oui sans la moindre hésitation et sans savoir quelle
existe une plage derrière cette très grande roche qui domine tout le port. Dans
l'embarcation le pêcheur m'a dit « on va t'emmener seulement à la plage, car
nous, on va loin et pour le retour tu vas monter cette roche et descendre à la
ville » je lui ai dit « ce n'est pas loin ? » il
a répondu « pas plus de 200m ».
Après 10min dans cette embarcation de fortune, qui
utilisait parfois les immigrants clandestins pour traverser la Méditerranée, je
suis arrivé à la plage. Quelle plage ! Je suis resté bouche bée : une petite
plage fantastique de 200m de longueur entouré de roches
ou bien de la montagne, je ne sais pas, avec de l'eau très limpide et très
propre, quelques baigneurs seulement ; pas plus de dix personnes. Un vrai petit
paradis, il manquait seulement les cocotiers et je me croyais à Hawaï. Personnellement ce
genre de plage (voir la troisième photo en dessous.) je ne le voyais qu'au
cinéma ou bien dans les films documentaires de Jacques-Yves Cousteau.
Comme la matinée j’ai bien nagé, car la mer a été
très calme; une vraie piscine, pas la
moindre vague ; vraiment je n’avais pas l’envie de sortir de l’eau ni de quitter ce magnifique lieu, mais que
faire il fallait que je rentre.
Après une heure j’ai monté la grande roche pour
rentrer à la ville. Au sommet de cette roche il y avait un marabout, je n’avais
pas pu connaître son nom, car il n’y avait personne à qui je pouvais me
renseigner.
Dans le Souk, j’ai mangé un peu puis j’ai fait un
tour dans les rues de la ville. En passant près d’un terrain de foot, il y
avait beaucoup de spectateurs au tour du stade, alors je me suis arrêté pour regarder moi aussi ce
match entre deux équipes locales, un match qui a été très disputé et très
engagé surtout sur le plan physique.
Après la prière du Maghreb, je suis allé à l'hôtel
et dans « notre » chambre j'ai retrouvé mes compagnons, ils étaient tous-là ;
les mêmes personnes que la veille. En me regardant rentrer, ils m'ont tous posé
des questions sur ma journée à El Jebha, je leur ai parlé surtout de
l'après-midi et de cette superbe plage qui se trouvait derrière la grande roche
et qui va rester graver dans ma mémoire.
Passé deux nuits avec des personnes que je ne
connais pas dans la même chambre, a été pour moi une nouvelle expérience, au
début j'avais peur surtout du vol, c'est pour cette raison chaque fois que je
sortais, j'en portais avec moi toutes mes affaires précieuses:
portefeuille, carte-guichet, appareille photographique... Je ne
laissais dans ma sacoche de vélo que les vêtements. Au fond je n'avais
pas peur des autres personnes avec qui j'ai partagé cette chambre, mais le
problème c'est que la porte de cette chambre était toujours ouverte et
n'importe qui pouvait rentrer et sortir sans que personne ne le suspectait.
Partagé la chambre avec des gens que tu ne connais
pas à des inconvénients, ça c'est sûr. Par exemple tu perdais ton intimité, tu
ne peux pas te déshabiller devant eux ou bien dormir avec un slip.... La nuit,
il y avait quelqu'un qui ronronne comme un moteur d'un camion, mais en général
mes compagnons étaient très gentils, on partageait tout;
par exemple si quelqu'un avait de la nourriture, il la partageait avec nous ou
bien un autre il descendait au café et demandait des verres de thé pour nous
tous. Ils étaient aussi très respectueux; ils ne
fumaient pas dans la chambre et si quelqu'un avait l'envie de fumer, il allait
près de la fenêtre ou bien il descendait au café (ils étaient tous des fumeurs
de « Sebsi » kif).
Cette chambre commune avait des avantages aussi, je
n'avais pas senti seul comme les autres fois où j'étais tout seul dans ma
chambre, j'ai aussi beaucoup appris de mes compagnons qui étaient tous des
pères de familles, âgés de 40 à 50 ans. Nous
avons beaucoup parlé des choses très différentes: sport,
politique, commerce ..., mais le sujet principal a été toujours le KIF
(cannabis). Toutes les questions que j'avais eues dans ma tête sur la route
dans la cinquième étape entre Bou Hamed et El Jebha, je les avais posées cette
fois pour mes compagnons, ils ont répondu avec sincérité et ils étaient tous
d'accord sur la question de la plantation du Kif dans cette région et ils ont dit « le kif
n'importe que du mal pour cette région ». Et sur ma question : qui profite du
kif ? Ils ont répondu tous « ce n'est pas nous »
et l'un d'eux m'a dit « les plus grands profiteurs du Kif sont les grands
Barons de la drogue qui se trouvent dans les grandes villes du Maroc ou bien de
l'autre côté de la Méditerranée, dans les capitales européennes. Notre Kif se
vendait à Amsterdam, Madrid, Paris, Rome... à des prix incroyables. Et un autre
a dit « on a le kif c'est vrai, mais pas l'argent du kif » et il a continu « le Fellah (l'agriculteur) d'ici, pour lui cette
culture ce n'est qu'un gagne-pain pas plus et le pauvre n'a pas le choix. Il
travaille jour et nuit seulement pour nourrir ses gosses, pas pour acheter un
Cadillac. Et un autre a ajouté « les enfants de ce bled, ils ne sont ni avocats
ni médecins ni enseignants, ils sont ou bien des trafiquants ou bien
contrebandiers ou bien ils quittent le pays pour aller en Europe». Ils m'ont
aussi parlé des malheurs causés par cette plante surtout parmi les jeunes de la
région qui la fumaient mélangés à d'autres drogues (ils parlent du Haschich que
les trafiquants le mélange avec d'autres produits) et beaucoup de ces jeunes
ont perdu la « raison ».
Vers 21, deux touristes français sont venus, un
jeune homme et sa compagne. Le propriétaire de l'hôtel les a emmenés
directement dans la chambre des femmes, car durant les deux nuits que j'ai
passées dans cet hôtel, cette chambre a été toujours vide.
Après la dernière prière
du soir, j'avais envie de se coucher le plus tôt possible, car le lendemain
j'aurai eu une étape très dure entre El Jebha et Ketama cette fois dans les
vraies montagnes du Rif avec un col de plus de 1600m et sur le parcours de
cette étape j'avais questionné une deuxième fois mes compagnons, ils m'ont tous
dit que demain j'aurais eu de la souffrance avec une route 100 % montante et l'un d'eux m'a proposé même d'annuler
cette étape et de prendre un taxi jusqu'à Ketama, je lui ai répondu « je vais
essayer quand même et si sur la route je me sens incapable de continuer, je
m'arrêterai ». Pour moi, la montagne ne me fait jamais peur, j'ai
monté plusieurs cols au Maroc et chaque fois que j'ai devant moi un
sommet, je le montais doucement à mon rythme et avec le petit braquet et en
chantant aussi et entre 3 et 5 km
je m'arrêtais pour respirer ou bien pour prendre une photo. Ce qui me fait peur
sur la route c'est le vent d'en face, ça, je ne l'aime pas du tout, pour moi
c'est mon ennemi numéro 1, pas la montagne.
Sur cette dernière question, j'ai dit à mes
compagnons "bonne nuit" et eux aussi ils m'ont souhaité bonne chance
pour le reste de mon voyage.

La mâtiné, je l'ai passé à la plage d'El Jebha, j'ai bien nagé pour détendre mes muscles après cinq jours de route et plus de 500 Km de pédalage.

L'après-midi je me suis embarqué dans une "Floka" avec des pêcheurs locaux pour aller à une plage qui se trouve derrière la grande Roche à 200m de la ville.

La plage qui se trouve derrière la Roche. Cette photo je l'ai téléchargé du Web seulement pour montrer cette belle plage qui se trouve à quelques mètres seulement de la ville d'El Jebha caché par une grande Roche.

Cette photo je l'ai acheté dans un studio. Pour prendre cette photo, il faut se réveiller de bonne heure au moment où le soleil se trouve à l'Est et aller sur la grande Roche près du port.

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Catégorie :
La ville d'El Jebha
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