Le lundi 1 juillet
je me suis réveillé comme d’habitude de bonne heure et la première
chose que j’avais fait cette fois c’est d’ouvrir la fenêtre et de voir
si
la force du vent a été diminué ou bien non
Malheureusement
non, Monsieur le Vent était toujours là et il soufflait d’une manière
très
forte comme les deux dernières journées que j’avais passées ici dans la
capitale du vent au Maroc et Essaouira c’est un
lieu privilégié pour les personnes qui font des sports de vent; planche à
voile, kit surf… Et c’est quelqu’un voudrait savoir les
conditions
météorologiques dans cette région et surtout du vent, je lui conseille
d’aller
sur ce
Alors
que faire dans ces conditions défavorables pour moi où le
vent était mon ennemi No 1 ; prendre la route ou bien annuler
tout ;
pour moi cette deuxième hypothèse, je ne pouvais pas le faire, car
j’avais bien
préparé pour cette sortie depuis trois mois. Vers 7h je suis sorti de la
maison
et je suis allé dans un petit café pour prendre mon petit-déjeuner.
Dans
le café je mangeais et je regardais le vent ; un vent très fort et très
froid
et je suis sûr que son intensité va augmenter avec le temps et les gens
d’ici
disent : « Yla chti rih vesbah ka yhrk zeghbe lehmar vilaachiya ardi
etayro ». Traduction : Si tu vois un matin les
poiles d’un
âne se bougent par le vent le soir le vent va emporter l’âne tout
entière. Et ça c’est vrai dans cette région d’Essaouira à
100 % car c’est la vitesse du vent le matin est 40km/h ; à
midi elle va atteindre les 60km/h et avant le coucher du soleil la
vitesse va
dépasser les 80km/h. Puis la vitesse se diminuera progressivement et à
l’aube
le vent va retrouver sa force
Vers
7h 30min j’ai quitté Essaouira en pédalant contre le vent comme
quelqu’un qui nage contre le courant, vraiment c’est très épuisant et je
n’arrivais pas à dépasser les 10km/h
Vers
9h45min je suis arrivé au village d’Ounra après 24 km de
souffrance. Dans ce village j’ai fait une longue pause pour récupérer un
peu de
force
Un jour de vent
c’est un
jour de tourment pour un cycliste s’il est contre lui ; je répète s’il
est
contre lui ; par contre s’il est avec lui c’est le paradis
Après
la pause j’ai pris mon vélo et j’ai tourné à gauche pour prendre
la route de Casablanca en laissant à ma droite la route de Marrakech.
Cette
fois le vent venait tout droit sur mon visage heureusement il y avait
beaucoup
d’arbres au bord de la route qui freinaient un peu la puissance du vent
Vers midi j'ai pu
arriver à
Talmest un petit village à 61 km d'Essaouira et dans un café j'ai dit
dans ma
tête « mon vieux s'il y a un hôtel dans ce bled tu dois t'arrêter »
Comme c'est
impossible de rouler dans ces conditions. Pédaler contre le vent ça me
rendre
fou de rage
Heureusement il y
avait un petit
hôtel de misère pas loin du café où j'ai fait ma pause. Dans la chambre
j'ai
rangé mes affaires puis je suis allé dans un Hammam « bain maure » car
il n'y a
pas de douche ni dans l'hôtel ni dans le village
Après
le bain je suis allé dans un restaurant traditionnel pour prendre
un Tagine ; c’est un plat made in Morroco. Et il est préférable
parfois de faire des arrêts dans ces villages qui se trouvent au bord de
la route, car le voyage ce n’est pas d’une ville à une autre, mais le
vrai
voyage c’est entre ces deux villes
Dans la cour de l'hôtel
il y avait une petite chambre qu'ils ont ménagé pour la prière des
clients.